Même lorsqu’on est débutant, il est possible d’accorder un piano soi-même à condition d’avoir une bonne oreille, beaucoup de patience, d’agilité et un certain nombre d’outils. Mais comment faire pour bien accorder son piano ?

Investir dans les bons outils

Avec ses 220 cordes et ses 88 touches, il est évident qu’un piano ne s’accorde pas comme une guitare. Il nécessite aussi des instruments spécifiques. En plus du temps, il faut prévoir :

  • un accordeur chromatique, pour avoir une parfaite fréquence en La 440
  • un diapason
  • une table d’accordage
  • un accordoir, ou clé d’accord, avec un embout et un diamètre adaptés aux chevilles du piano, de forme carrée, rectangulaire ou en étoile, si possible avec clés à tête interchangeable  
  • des bandes de feutre, ou coins d’accords en caoutchouc permettant de bloquer deux cordes d’une note pendant que l’on règle la troisième
  • des pinces en plastique que l’on glisse entre les mécaniques afin d’étouffer deux cordes simultanément
  • une lampe puissante pour éclairer l’intérieur du piano.

Utiliser des tournevis et des clés non adaptées ou des outils faits maison pour faire des économies n’est pas une bonne idée car ils risquent d’abîmer les chevilles et les mécaniques du piano.

Prendre quelques précautions

Avant de procéder à l’accordage du piano, il est nécessaire de respecter plusieurs précautions pour bien accorder son piano, éviter d’endommager les mécaniques, les cordes et les chevilles, et prévenir les blessures.

  • Fermer les portes et fenêtres, et vider la pièce: aucun bruit ni personne ne doit pouvoir perturber l’accordage du piano
  • Mettre des gants, certaines pièces de la caisse et du cadre étant coupantes
  • Manier les marteaux, mécaniques, chevilles, et feutres avec précaution
  • Rester concentré et prudent, éviter les gestes précipités
  • Ne pas se tromper de corde et se rappeler que l’on augmente la tonalité en tournant une cheville vers la droite et qu’on la diminue en tournant vers la gauche.

Respecter les différentes étapes de l’accordage

  • On commence par enfoncer la pédale forte, située à droite, à plusieurs reprises afin de placer chaque coin entre les cordes
  • Ensuite, on place une pince en plastique ou deux coins afin d’étouffer les cordes qui se trouvent à côté
  • Puis on accorde en premier lieu le La Central du piano, le La 440, puis la corde centrale des chœurs de trois cordes en tournant lentement d’un douzième de cercle, mais d’une traite les chevilles
  • On joue la note voulue en relâchant la pédale forte afin de vérifier la tonalité à l’aide de l’accordeur chromatique
  • On procède de cette manière pour accorder toutes les notes de l’octave du milieu, située au centre du clavier
  • On répète l’opération, mais cette fois pour l’octave supérieure, et pour l’octave inférieure
  • Puis, une fois que les notes de ces trois octaves sont accordées, on les compare
  • On accorde alors les octaves suivantes à l’oreille.

Les petits trucs de pro

Durant les opérations d’accordage, il est important de détendre la corde avant de la tendre pour modifier la tonalité : cela évite de la rompre à cause d’une tension trop forte.
Pour figer l’accordage, il convient de frapper fort la touche pour l’ajuster: un jeu trop doux conduira à désaccorder le piano dès qu’un pianiste frappera une touche fortement.

Avec une fine connaissance des accords d’un piano acoustique, des octaves et de l’harmonie, on peut accorder son piano soi-même. Bien sûr, cela nécessite d’acheter un certain nombre d’outils, mais l’investissement est amorti en quelques accordages étant donné qu’il est recommandé d’accorder son piano quatre fois par an.